Edito

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Vendredi 24 juillet, soirée de fin de stage, place aux 6 Fontaines. Le grand chœur des 90 voix suivi du spectacle proposé par l’équipe au complet (intervenants et "fourmis" réunis). La place est pleine, les martinets accompagnent haut dans le ciel clément. ll y a, comme toujours, de l’émotion, du rire, de la poésie.

Quoi de mieux pour donner une idée de ce qui se passe dans ces moments-là que ce texte de Muriel Barbery, proposé par une stagiaire, extrait de "L’élégance du Hérisson" :

A chaque fois, c’est un miracle. Tous ces gens, tous ces soucis, toutes ses haines et tous ces désirs, tous ces désarrois, toute cette année de collège, avec ses vulgarités, ses mesquineries, ses évènements majeurs, ses profs, ses élèves bigarrés, toute cette vie dans laquelle nous nous traînons, faite de cris et de larmes, de rires, de luttes, de ruptures, d’espoirs déçus et de chances inespérées : tout disparaît soudain quand les choristes se mettent à chanter. Le cours de la vie se noie dans le chant, il y a tout à coup une impression de fraternité, de solidarité profonde, d’amour même, et ça dilue la laideur du quotidien dans une communion parfaite. Même les visages des chanteurs sont transfigurés. Je vois des êtres humains qui se donnent dans le chant.

A chaque fois c’est pareil, j’ai envie de pleurer. J’ai la gorge toute serrée et je fais mon possible pour me maîtriser, mais des fois c’est à la limite : je peux à peine me retenir de sangloter. Alors quand il y a un canon, je regarde par terre parce que c’est trop d’émotion à la fois : c’est trop beau, trop solidaire, trop communiant. Je ne suis plus moi-même, je suis une part d’un tout sublime auquel les autres appartiennent aussi et je me demande toujours à ce moment-là pourquoi ce n’est pas la règle du quotidien au lieu d’être un moment exceptionnel de chorale. Lorsque la chorale s’arrête, tout le monde acclame, le visage illuminé, les choristes rayonnants. C’est tellement beau.

Finalement, je me demande si le vrai mouvement du monde, ce n’est pas le chant.

Les photos sont de Sabine Li.

Gracias a la vida, photo S. Li


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